Vaste étude sur la santé mentale dans le Grand Sud-Ouest

  De Dorval à la Pointe-Saint-Charles en passant par Lachine, LaSalle et Verdun, 18 chercheurs de niveau international sous la direction du Dr Jean Caron de l'Institut de recherche en santé mentale Douglas, mènent une vaste étude épidémiologique échelonnée sur plusieurs années, afin d'établir les facteurs déterminants dans l'apparition et la fréquence des maladies mentales dans la région. Docteur en psychologie, professeur au département de psychiatrie de l'Université McGill et chercheur réputé, le Dr Jean Caron est à l'origine d'une des plus importantes études épidémiologiques sur la santé mentale au pays. Cette étude menée grâce à une aide financière de plus de 1,7M$ de l'Institut de recherche en santé du Canada, fut d'abord un projet élaboré par le Dr Caron en 2006, avant de démarrer sur le terrain avec une équipe d'interviewers au printemps 2007. Débutant à la Pointe- Saint-Charles et Saint-Henri, l'étude s'est étendue sur le territoire de deux centres de santé et de services sociaux (CSSS) en incluant Verdun, LaSalle, Lachine et Dorval. «Jusqu'ici, l'étude a permis d'établir une corrélation entre la pauvreté et la maladie mentale», a expliqué le Dr Caron, tout en précisant que même si l'incidence était plus marquée dans les milieux défavorisés, des gens bien nantis pouvaient également souffrir de maladie mentale. Toutefois, c'est la situation économique qui met le plus les gens à risque. Le Dr Caron a énuméré les déterminants de la santé mentale qui sont les relations sociales, les événements de vie, l'habileté à gérer le stress, les stigmas sociaux et l'impulsivité. Une évaluation de la santé mentale dans le Grand Sud-Ouest énumére des pathologies comme la dépression, l'anxiété et les addictions de drogues ou d'alcool. Une meilleure connaissance de ces réalités permettra de développer des services dans une perspective de santé publique. *Un modèle* Les équipes sur le terrain doivent assurer le remplacement et le renouvellement de 2 400 répondants tous les deux ans. On doit ainsi assurer une rotation pour remplacer ceux qui déménagent ou ne sont plus disponibles et trouver de nouveaux participants. Les répondants reçoivent 25$ pour leur participation et les interviews sont d'une durée d'une heure et quart à deux heures. Ne cherchez toutefois pas à vous inscrire en téléphonant au Douglas ou à la direction des CSSS concernés. En fait l'équipe de chercheurs sélectionne elle-même les répondants selon des facteurs aléatoires. Cette vaste étude est perçue comme un modèle du genre au Canada. Des décideurs sont associés à l'étude comme les organismes communautaires, les deux CSSS, le ministère de la Santé et le Service de Police qui ont tous avantage à mieux comprendre l'origine de nombreux problèmes de santé mentale sur le territoire. *Épidémiologique et longitudinale?* Il n'est pas facile d'aborder une recherche scientifique d'une telle envergure sans comprendre la terminologie qui s'y rattache. Une étude épidémiologique comme celle du Dr Caron s'intéresse aux facteurs qui influencent l'apparition, la propagation, la fréquence et l'évolution des maladies dans le but à terme, de faire de la prévention. Sachant que l'incidence de la maladie mentale est 33% plus élevé dans le Grand Sud-Ouest qu'ailleurs au Canada, le Dr Caron abordait une réalité urbaine. En sélectionnant des milliers de résidants invités à répondre en toute confidentialité à un questionnaire rigoureusement testé depuis 2006, l'étude dite longitudinale permet de mesurer l'évolution des résultats pour un nombre restreint de sujets sur une longue période. L'équipe du Dr Caron peut ainsi juger de l'évolution des comportements et de l'environnement social, en comparant la fréquence et l'évolution de différentes maladies. SOURCE: /Le Messager-Lachine&Dorval [1]/ / journaliste Pierre Lussier PHOTO : Martin A. Chamberland - /Le Dr Jean Caron dans son bureau à l'Institut Douglas./ [1] http://www.messagerlachine.com/Soci%C3%A9t%C3%A9/Sant%C3%A9/2012-03-21/a...